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Équipe Osprean · 13 août 2026

PAMIF et PTME après la directive de 2026 : ce qu'exige la loi et combien de communes restent sans plan

Ce que change la directive de base de 2026

En avril 2026, le Conseil des ministres a approuvé la mise à jour de la directive de base de planification de la protection civile face au risque de feux de forêt, publiée sous la forme de la Résolution du 23 avril 2026 au Journal officiel espagnol. La nouvelle directive révise le cadre fixé par le décret royal 893/2013 et renforce l'analyse du risque, l'alerte précoce et la coordination entre administrations, selon les bilans d'information du MITECO, qui fin juillet 2026 chiffrait à plus de 180 000 hectares la surface brûlée et à 38 le nombre de grands incendies de forêt de l'année, soit six fois plus qu'à la même date en 2025.

Le PTME et le PAMIF ne sont pas le même plan

La mise à jour de 2026 ne change pas une distinction de fond qui continue de semer la confusion entre administrations : le Plan territorial municipal d'urgence (PTME) et le PAMIF ne sont pas interchangeables.

  • Le PTME est le plan de base, obligatoire pour toutes les communes quel que soit leur risque incendie : il organise la réponse à tout type d'urgence et définit la structure organisationnelle municipale, y compris le CECOPAL.
  • Le PAMIF est un plan spécifique centré exclusivement sur le risque de feu de forêt, qui détaille la prévention, la réponse et l'évacuation face à ce risque précis.
  • Le PAMIF s'intègre dans le PTME comme plan spécial ou annexe opérationnelle : une commune peut respecter la loi sans PAMIF si elle n'est pas en zone à haut risque, mais jamais sans PTME.

Quand le PAMIF est-il obligatoire

L'obligation du PAMIF n'est pas uniforme sur tout le territoire : elle dépend de la classification du risque que chaque communauté autonome fixe dans son propre plan spécial de feux de forêt (INFOCA, INFOCAT, INFOMA, INFOCAM et équivalents). Les communes identifiées comme prioritaires ou à haut risque sont tenues de disposer d'un PAMIF approuvé, obligation qui découle du décret royal 893/2013 et de sa mise à jour de 2026. Dans les communes à risque moyen, son élaboration est généralement recommandée, avec des exigences variables selon la communauté autonome ; dans celles à faible risque, un PAMIF spécifique n'est généralement pas exigé, même si des mesures de planification de base s'appliquent. Le plan doit en outre s'intégrer aux plans d'autoprotection des activités situées sur la commune, alors régis par le décret royal 393/2007. La détermination du niveau de risque relève de l'organe autonome compétent en protection civile : l'obligation ne doit donc pas être présumée de façon générique, mais vérifiée dans le plan autonome applicable.

Ce que doit contenir un PAMIF, selon le décret royal 893/2013

Au-delà des particularités régionales, le guide du MITECO pour l'élaboration du PAMIF et le décret royal 893/2013 s'accordent sur un contenu minimal :

  • Identification de la commune et classification de ses zones selon le risque d'incendie.
  • Analyse du risque : cartes de dangerosité, de vulnérabilité et de risque résultant, et Indice de gravité potentielle.
  • Organisation opérationnelle : directeur du plan (le maire), équipe de coordination municipale et CECOPAL.
  • Inventaire des ressources : moyens humains, matériel, points d'eau, voies d'accès et zones de refuge.
  • Protocoles d'activation, d'alerte et d'évacuation, coordonnés avec les plans régionaux et nationaux.
  • Révision périodique — au minimum tous les cinq ans — et un calendrier annuel de formation et d'exercices.

La carte de la non-conformité, communauté par communauté

L'écart entre l'obligation réglementaire et la mise en œuvre réelle est, selon plusieurs sources, l'un des points les plus faibles du système. Greenpeace Espagne évalue à 80 % la part des communes en zone à haut risque d'incendie qui n'ont pas de plan d'urgence. Les données par communauté autonome dessinent un tableau similaire :

  • Castille-et-León : 701 communes en "risque maximal" n'ont pas le plan obligatoire depuis 2013, et seules 150 (21,4 %) ont engagé la procédure, selon ecoticias.com.
  • Galice : 178 communes ne disposent d'aucun plan d'action face au risque de feux de forêt, selon GaliciaPress.
  • Estrémadure : un audit de la Cour des comptes a recensé 55 communes à haut risque sans plan périurbain de prévention, dont 43 ignoraient même si elles en possédaient un.
  • Andalousie : 593 communes classées en danger d'incendie, mais seules 139 (18 %) disposent d'un Plan local d'urgence contre les feux de forêt (PLEIF) approuvé, selon la Junta de Andalucía. Los Gallardos (Almería), la commune où un feu de forêt a causé 13 morts en juillet 2026, faisait partie de celles sans plan local.

Garder le plan vivant, pas seulement approuvé

Approuver un PAMIF ne clôt pas l'obligation : le décret royal 893/2013 impose de le réviser au moins tous les cinq ans, et le guide du MITECO insiste pour le mettre à jour après tout changement significatif du territoire — nouveaux accès, bornes d'incendie, lotissements — tout en maintenant un calendrier de formation et d'exercices. Le parquet de l'environnement a déjà adressé une mise en demeure à plus de 150 communes espagnoles pour leur rappeler cette obligation, selon l'enquête de Civio. En pratique, l'écart entre avoir un plan approuvé et avoir un plan réellement vivant — avec une information actualisée et accessible à tous les services le jour où il le faut — compte autant que l'obligation même de le rédiger. Centraliser cette information sur une plateforme unique consultable en temps réel, c'est exactement le terrain sur lequel opère Comacon, d'Osprean.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le PTME et le PAMIF ?

Le PTME est le plan territorial municipal d'urgence, obligatoire pour toutes les communes et valable pour tout type de risque. Le PAMIF est un plan spécial centré uniquement sur les feux de forêt, obligatoire seulement dans les communes à haut risque, et il s'intègre dans le PTME.

Quelles communes sont tenues d'avoir un PAMIF ?

Celles classées comme prioritaires ou à haut risque par la planification régionale des feux de forêt (INFOCA, INFOCAT, INFOMA et équivalents). En risque moyen, son élaboration est généralement recommandée ; en risque faible, un PAMIF spécifique n'est généralement pas exigé.

Que doit contenir un PAMIF selon le décret royal 893/2013 ?

Au minimum, l'identification et l'analyse du risque de la commune, l'organisation opérationnelle (direction du plan et CECOPAL), l'inventaire des ressources disponibles, les protocoles d'activation et d'évacuation, le système d'alerte à la population, et un calendrier de révision — au minimum tous les cinq ans — et d'exercices.

Combien de communes à haut risque ont aujourd'hui un PAMIF à jour ?

Une minorité. Greenpeace Espagne évalue à 80 % la part des communes à haut risque sans plan d'urgence, et les audits régionaux — Castille-et-León, Galice, Estrémadure, Andalousie — confirment un écart similaire entre l'obligation légale et la mise en œuvre réelle.

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